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Le grand voyage de Simon et Sybille

Il était une fois deux jeunes canards sauvages qui s’appelaient Simon et Sybille.

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La famille de Simon, les Colvert, et la famille de Sybille, les Colmauve, avaient décidé de faire ensemble leur grand voyage vers le Sud cette année-là.

Simon et Sybille étaient de jeunes canards. Ainsi, au moment où commence cette histoire, ils n’avaient encore jamais voyagé et ils ne se connaissaient pas. Aussi, à l’approche du grand voyage qui allait bientôt commencer, ils étaient très impatients.

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Savez-vous comment voyagent les canards sauvages?

Ils volent « en V » : un canard, le mieux en forme, vole devant. Il est suivi des autres canards en deux files. Chaque canard a ainsi moins de vent que le canard devant lui et il peut donc se reposer : et comme le premier canard se fatigue plus vite, au bout d’un moment, il retourne à l’arrière pour souffler un peu. Voici par exemple des canards sauvages en plein vol :

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Quand le canard rouge à l’avant se fatigue, il retourne à l’arrière, et un autre canard prend sa place :

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Après ces explications, revenons à l’histoire de Simon et Sybille.

Le jour du grand départ, comme ils étaient jeunes, Simon et Sybille furent mis chacun au bout d’une des files.

Simon vit Sybille tout à l’arrière, comme lui, à l’autre bout du « V ».

« Bonjour ! », fit-il.

Sybille l’entendit à peine, mais elle répondit « Bonjour ! ».

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Au bout d’un moment, ils furent remplacés à l’arrière par d’autres canards qui avaient volé à l’avant et qui avaient besoin de se reposer. Simon et Sybille avancèrent donc un peu et se rapprochèrent l’un de l’autre.

« Je m’appelle Simon ! » dit Simon. « Moi Sybille ! » dit Sybille qui l’entendait nettement mieux.

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Au changement suivant, comme ils se rapprochèrent encore un peu l’un de l’autre, ils purent vraiment commencer à parler : comme ils s’entendaient bien ! Ils se racontaient des blagues et riaient beaucoup.

Et plus ils se rapprochaient, plus ils s’entendaient bien, plus ils s’amusaient, et plus ils étaient heureux. Ils ne voulaient plus se quitter.

Enfin, arriva le moment où ils se retrouvèrent tous les deux tout à l’avant du vol : comme c’était chouette de voler côte à côte !

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Et quand les canards commencèrent à leur dire que s’ils étaient fatigués, ils pouvaient retourner à l’arrière pour se reposer, il répondirent en cœur :

« Oh non, pas déjà ! On veut encore rester devant ! ». En effet, ils s’amusaient trop pour se quitter aussi vite.

Mais les canards derrière eux commençaient à les presser de plus en plus de retourner à l’arrière. Ils étaient sur le point d’accepter quand un vieux canard dit bien fort : « Regardez le lac, là-bas ! Nous sommes arrivés ! »

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Les uns après les autres, tous les canards descendirent et atterrirent pour se reposer.

Simon et Sybille, qui avaient volé en tête du vol pendant si longtemps, étaient bien fatigués. Ils se posèrent sur une rive du lac et étaient très heureux de savoir qu’ils n’allaient pas devoir se séparer de sitôt. Ils s’aimaient tellement qu’ils se promirent de passer tous leurs moments ensemble à voler au dessus du lac, et de faire tous leurs grands voyages côte à côte.

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